Plus elle parlait et plus les images envahissaient mon esprit ; flashes de chairs, de sexes, de sueur, de salive. J’entendais ses soupirs résonner dans mon âme, j’imaginais son corps se cambrant sous les baisers de l’homme. Chacun de ses mots était à la fois un poignard et un feu qui embrasait mon ventre.

Je ne sais pas comment nous en étions arrivées là. Sophie était une fille magnifique et mystérieuse. Nous avions obtenu notre diplôme de fin d’étude au début de l’été et nous nous préparions à entamer nos nouvelles vies.

Elle avait bien entendu réussi toutes les épreuves haut la main. Pendant trois ans, nous avions partagé les mêmes cours, et une amitié studieuse. Sa réussite insolente, la justesse de ses raisonnements et son détachement total des tracasseries de notre âge m’avaient autant fascinée que sa beauté classique et son élégance innée.

Sans être réellement attirée par les femmes, j’avais déjà remarqué le pouvoir que certaines d’entre elles exerçaient sur moi, et Sophie était de celle-là. À ceci près que je n’avais même jamais osé l’inclure dans mes quelques fantasmes lesbiens, tellement les situations me paraissaient improbables.

Inutile de dire que je ne m’attendais pas à la trouver à ma porte en cette fin de mois d’août. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle soit venue me dire au revoir, maintenant que nos vies se séparaient pour enfin commencer. Je ne me souviens pas de l’avoir fait entrer, mais pourtant, c’était bien elle, assise sur mon canapé-lit, ses yeux vert d’eau plantés au fond des miens. C’étaient bien ses lèvres qui m’avaient toujours semblées si attirantes et qui me racontaient son été, visiblement bien plus brûlant que le mien.

Je n’avais jamais pensé que je représentais quoi que ce soit pour elle. Bien sûr, j’avais moi aussi quelques talents, bien sûr je n’avais à rougir ni de mon esprit, ni de mon corps assez justement proportionné.

Mais elle représentait pour moi, et pour nous tous, une étoile quasiment inaccessible, le génie et la féminité incarnés.

Et c’est moi qu’elle a choisi pour vider son cœur de ce premier grand chagrin d’amour. Et c’est pour cela que nous sommes maintenant épaule contre épaule, dans la pénombre de mon petit appartement, pour que je ne voie pas ses larmes. Et c’est ainsi qu’elle me raconte tout… la rencontre, la reconnaissance, l’attente, le désir frustré, puis enfin la première fois sur une plage du midi. Elle ne m’épargne rien, et même si elle choisi les mots avec soin, des images de plus en plus nettes s’inscrivent dans mon esprit.

L’étrangeté de la situation semble lui échapper. Pourtant, elle ne peut pas ignorer la portée des paroles qu’elle prononce. Et sa tête sur mon épaule, le parfum de ses cheveux, la douce pression de son sein sur mon bras font naître des images érotiques de plus en plus précises. Petit à petit, ce ne sont plus des mains d’hommes qui caressent son corps. Ce sont bien mes lèvres qui frôlent son sein dressé, et mes mains qui descendent vers son ventre, avidement. Et si mon sexe se crispe, c’est bien à l’idée simplement de sentir sa peau sous ma langue.

J’ai l’impression que chacune de ses phrases pourrait aussi s’appliquer au désir sourd que j’ai de cette fille sublime, et que j’ose à peine m’avouer.

Plongée dans mes divagations érotiques, je n’ai pas écouté la fin de l’histoire.

— Et voilà, depuis que je suis rentrée, je n’ai plus aucune nouvelle, et je meurs chaque jour d’être loin de lui.

En disant cela, elle a posé sa main sur mon bras pour réclamer un peu plus de réconfort. Ce contact a provoqué sur ma peau un délicieux frisson qui n’a malheureusement rien à voir avec le réconfort. Je m’entends alors murmurer malgré moi :

— Mais ce serait plus terrible encore si tu étais près de lui, et que tu ne puisses pas le toucher.
— Si j’étais près de lui, je ne supporterais pas de ne pas le toucher, tu ne peux pas savoir quelle torture cela représenterait.

Sa main serre mon bras, comme pour me convaincre.

Mon cœur battant la chamade me fait définitivement chavirer.

Je saisis alors sa main et la porte à ma bouche. J’embrasse sa paume ouverte, puis le bout de ses doigts, sur lesquels mes lèvres s’attardent en une douce caresse.

Elle lève la tête, surprise, et ses yeux plongent à nouveau dans les miens. Est-ce mon délire, ou est-ce un désir au moins aussi grand que le mien que j’y lis ? Elle qui semblait si amoureuse d’un autre, il y a un instant…

Les pensées se bousculent à la vitesse de la lumière dans ma tête, les détails de l’histoire se mettent en place, les lieux et les événements qu’elle vient de raconter ressemblent étrangement à des événements que nous avons vécus ensemble au cours de ces trois dernières années. Mais alors, n’est-ce pas notre histoire qu’elle vient de décrire tellement justement que je m’y suis reconnue ? Ne vient-elle pas de faire le premier pas à sa manière ?

Je suis perdue… et je n’ai rien à perdre… alors mes doigts enserrent un peu plus sa main, et je me penche vers ses lèvres. Le soupir qu’elle laisse échapper au moment où nos bouches se touchent enfin, déchaîne en moi une vague de désir. Je ne résiste plus à l’envie d’enfoncer ma langue à la rencontre de la sienne, et de presser mon corps contre le sien.

Nos mains se croisent, s’emmêlent, se cherchent, pendant que nos bouches se découvrent, nous arrachant quelques gémissements. Je peux enfin respirer ses longs cheveux, y enfoncer mes doigts, et retenir son visage alors qu’elle cherche son souffle sous mes baisers ardents. Je ne peux plus m’arrêter de la goûter, avec tous mes sens, j’ai peur qu’elle reprenne ses esprits et mette fin à cette douce folie. Pourtant ses gestes répondent aux miens, et sont sans équivoque.

Mais je ne veux pas que ce moment soit gâché par des remords, et je préfère interrompre un instant notre étreinte, avant que nous le regrettions.

— Que se passe-t-il, ça ne va pas ? Sophie me scrute d’un œil inquiet,
— Que faisons-nous, je croyais que tu ne rêvais que ton bel amoureux ?
— Mon amoureux, c’est toi, idiote. Il m’a fallu tout l’été pour l’admettre, et je ne pouvais pas partir sans m’être assurée que tu partageais bien mes sentiments.
— Si je les partage… je le crois, oui. Mais c’est tellement… rapide.
— Rapide… En fait, cela fait trois ans que je lutte contre mon désir pour toi. Trois ans que je prends systématiquement les mêmes options que toi, que je choisis les mêmes activités que toi et que je refuse d’accepter l’attirance que tu provoques en moi. Je me suis étourdie de garçons, j’ai même essayé de changer de classe en début d’année, mais lorsque j’ai eu l’accord du proviseur, j’ai su que je ne pourrais pas vivre à la fois si près et si loin de toi. Ne me dis pas que tu n’as rien remarqué depuis tout ce temps ?
— Je n’osais pas, je n’ai jamais cru dans mes rêves les plus fous que tu pouvais ressentir pour moi autre chose qu’une innocente amitié, tu es tellement belle, tellement courtisée…
— Je crois que je comprends… as-tu envie de m’embrasser ?
— Oh que oui, j’en crève !

Mes doigts caressent doucement ses lèvres, et je me penche vers elle pour murmurer :

— … et de faire mille autres choses aussi…
— Alors contentons-nous de cela, pour l’instant, dit-elle en saisissant mon sein. Et sa bouche s’empare de nouveau de la mienne.

Dans ma tête, je me répète inlassablement « enfin, enfin, enfin… ». La fièvre qui nous anime n’a plus de limite cette fois, et je ne veux pas contenir les émotions qui débordent de mon cœur.

— Ta bouche est tellement douce, tu me donnes le vertige
— Je ne pourrais pas me lasser de toi mon ange, je veux goûter chaque parcelle de ton corps, me répond-elle en me serrant encore un peu plus fort.

Ses lèvres pincent délicatement mon oreille, et ses mains sont maintenant sous mon chemisier, elles frôlent mes tétons dressés.

— Si tu savais à quel point tu m’excites, je suis trempée de désir, j’adore sentir tes mains sur mes seins, lui soufflé-je entre deux baisers.

Sophie se dégage de mon étreinte, et me sourit amoureusement. Elle enlève rapidement son bustier, puis elle m’aide à faire de même et dégage enfin mes seins du soutien-gorge qui les enserrait.

— Ils sont magnifiques, me souffle-t-elle. J’en étais sûre.

Puis elle se penche vers eux et aspire une pointe entre ses lèvres. Je ne peux retenir un long gémissement, et sentir une décharge de mouille brûler un peu plus mon sexe avide.

Je profite de la position pour libérer ses seins aussi, et je les empaume délicatement. Ils sont doux et fermes et les tétons sont bien logés au creux de mes mains. Comme si cela avait été conçu ainsi, pensé-je.

Je ne peux m’empêcher de lui faire part de mes craintes :

— Tu es tellement belle, j’ai honte de ne pas être à la hauteur.
— Comment peux-tu dire une chose pareille ? Tu ne te rends pas compte de la sensualité que tu dégages, tu es extrêmement désirable, et je vais te le prouver.

Sophie m’allonge sur le lit et s’installe le long de mon corps. Pendant que sa bouche reprend mon sein, sa main relève ma jupe et remonte à l’intérieur de mes cuisses. Ce n’est pourtant pas la première fois que l’on me caresse ainsi, mais cette fois-ci le désir est tellement grand que je me mets à trembler comme une feuille sous ses mains.

— Tu as froid ?
— Non, j’ai juste envie de toi… et c’est insoutenable !

Sophie me sourit, et m’embrasse doucement.

— Ne nous pressons pas, nous avons tout notre temps, moi aussi j’ai tellement envie de toi que j’en ai mal au ventre. Mais ce sera d’autant plus inoubliable.

Sa main atteint enfin mon entrejambe trempée, et frotte lentement mon clitoris dressé au travers du string.

— Tu es vraiment excitée, on dirait
— Tu en doutais encore ? Oh, je n’en peux plus, viens plus près.

Ses lèvres parcourent mon corps de petits baisers, et sa langue laisse des arabesques humides et sensuelles sur mon ventre. Sa main a contourné l’élastique et caresse ma fente, en évitant soigneusement le clito cette fois.

L’action conjuguée de ses doigts autour de mon sexe et de ses lèvres sur mon ventre devient véritablement insupportable, et je ne résiste pas à lui faire subir le même supplice.

Je roule sur elle, et après une séance échevelée de déshabillage, et de caresse humides, entremêlées, je me retrouve à califourchon sur ses jambes.

Je peux enfin détailler son corps entièrement nu sous le mien, et je sais qu’elle fait de même.

Ses seins aux pointes dressées appellent la caresse. Sa fente délicatement taillée en triangle semble montrer le chemin du bonheur, sa peau douce glisse sous mes doigts, et son ventre qui se soulève au gré de mes caresses promet des vagues de plaisir incontrôlables.

Tout en retenant ses bras d’une main, je m’attaque, moi aussi, à ses tétons dressés. Mes coups de langue la font rapidement crier grâce.

— Je vais craquer, caresse mon sexe s’il te plaît, je veux jouir sous tes doigts, et je te ferai crier de plaisir moi aussi. Je veux te faire gémir… Et… Oh oui, descend ta main sur mon ventre, plus bas, encore plus bas, hmmmm… c’est trop bon.

Ma main atteint son sexe, autour duquel je dessine des cercles, puis j’insère un doigt dans sa fente brûlante et trempée. Je remonte pour trouver son clito tendu lui aussi. Cette fois c’est un râle de plaisir qu’elle laisse échapper, et je l’étouffe en un baiser.

Pendant que ma main caresse son antre humide, je frotte doucement mon sexe contre sa cuisse ferme. Mais cela ne suffit guère à me satisfaire. Et je préfère me redresser pour découvrir sa vulve ouverte.

— Ecarte bien les cuisses, je veux te voir au plus profond.

Ses grandes lèvres s’entrouvrent pour découvrir l’entrée du vagin et le clito impatient. La vue de ce sexe ainsi offert est tellement excitante que je ne résiste et plonge la tête vers son entrejambe.

J’ai envie de la faire jouir, de lui faire sentir qu’elle est à moi, que je peux lui faire perdre la tête, et je lèche son clito avec avidité, tout en glissant deux, puis trois doigts dans sa fente.

— Ta chatte a bon goût. Je vais te bouffer jusqu’à ce que tu cries, tu es à moi, mon amour, je veux que tu le saches.

Mes paroles semblent la galvaniser, et elle n’est plus que gémissement sous mes coups de langues répétés. Son sexe est tellement ouvert, que je ne tarde pas à pouvoir insérer ma main entière, en forçant un peu.

— Ma main est en toi. Est-ce que tu me sens ?
— Hmmm, oui… Tu… me baises… mieux qu’un homme… Aaaaaahhh, encore, plus fort, plus vite, c’est bon… Tu me fais mal, mais c’est bon, ta main, ta langue, je vais jouir sur toi.

Encouragée par ses soupirs, je bois son jus, j’aspire son clito autant que possible, et ma main s’agite de plus en plus dans sa chatte distendue.

— Ooooooooh ouiiiiiiiiiiiii, je viens, je vais jouir sur ta langue… tu me baises bien, n’arrête pas.

Ses cuisses se resserrent convulsivement sur ma tête alors que je continue à taper, taper dans son ventre, comme si je voulais la déchirer. Enfin ses fesses se cambrent une dernière fois, puis tout son corps retombe lourdement sur le lit. Quelques soubresauts de plus en plus espacés marquent la fin de l’orgasme. Je retire ma main doucement, lui arrachant un dernier sursaut, et je m’allonge près d’elle.

Plus excitée que jamais, j’attends cependant qu’elle reprenne lentement son souffle, ce qu’elle ne tarde pas à faire.

Sophie roule alors sur moi et me souffle dans un baiser :

— Tu m’as fait crier, mais tu ne perds rien pour attendre, ma belle. Je suis sûre que tu as envie de jouir comme jamais, je me trompe ?

Ses mots crus fouettent un peu plus mes sens, si cela était encore possible, et c’est la voix pleine de désir contenu que je réponds :

— Tu feras de moi ce que tu veux, je suis déjà à ta merci.
— Alors mets-toi à quatre pattes.

Je m’exécute rapidement, et elle peut profiter d’une vue imprenable sur mon postérieur rebondi, et sur ma chatte entrouverte, qui doit être bien luisante.

Ses mains écartent mes fesses, et je sens son souffle sur ma peau, mais je n’ose pas me retourner. Mon corps recommence à trembler de désir malgré moi, dans l’attente de sentir ses lèvres, ses doigts me pénétrer.

Sa main se pose sur mon sexe et le recouvre entièrement, en un geste d’appartenance. Je me cambre un peu plus. Un doigt se glisse entre mes lèvres, et frôle bientôt mon clitoris dressé. J’étouffe mon gémissement dans mon poing. Sophie me rassure :

— N’hésite pas à t’exprimer, j’aime t’entendre gémir, cela m’excite encore plus.

Son doigt commence un lent va-et-vient dans ma vulve détrempée. Chaque passage sur mon bouton me fait frissonner et gémir de plus en plus fort, je sens le plaisir monter rapidement, trop rapidement ! Et tout à coup, je sens quelque chose d’humide se poser sur mon anus offert. Je n’en reviens pas ! Sophie est en train de me lécher l’anus à grands coups de langues, et passé l’effet de surprise, la sensation est simplement divine.

Afin de calmer un peu le jeu, sa main a lâché mon sexe, pour aller se poser sur mon sein. Effectivement, je pense que je n’aurais pas pu tenir plus de quelques secondes sous l’action de sa bouche et de sa main dans mon sexe.

Je me laisse aller à cette caresse que je n’aurais jamais imaginée, et dont je n’aurais jamais pu anticiper la douceur et la sensualité.

D’ailleurs, je sens la cyprine dégouliner lentement de mon sexe et le long de mes cuisses, prouvant l’effet dévastateur que cette caresse a sur moi. Mon bassin ondule lentement sous sa bouche savante. Il faut que je jouisse ou je vais devenir folle.

Sophie comprend aussi que je ne vais plus tenir très longtemps, elle glisse un oreiller sous mon ventre, et m’allonge doucement. Mon sexe et mon cul sont ainsi à disposition, et pendant que sa langue continue son travail, sa main reprend possession de mon sexe. Mon impatience est à son comble, et c’est tout mon corps qui vient à la rencontre de ses doigts fouisseurs, pendant que j’enfonce ma tête dans les draps.

— Crie, me dit-elle, dis-moi que tu aimes ça, laisse-toi aller.

Alors je me lâche pendant que la vague ravageuse monte dans mon ventre.

— Oui, j’aime ça. Continue, plus fort, plus vite, j’aime, oui, j’aime, je t’aime.

Sophie enfonce alors un doigt dans mon cul, et un dans ma chatte ouverte. Déclenchant enfin un orgasme dévastateur, qui explose dans mon sexe, remonte dans mon ventre, jusqu’à la racine de mes cheveux, en passant par mes seins tendus à en faire mal. Et de ma poitrine sort un cri animal que je ne peux plus étouffer.

Mon corps ondule encore plusieurs fois puis les spasmes s’estompent, et je retombe sur le lit, les doigts de Sophie toujours fichés en moi.

Doucement, elle retire ses mains, et s’allonge contre moi, dans mon lit étroit d’étudiante.

— Ça va ma chérie ? me glisse-t-elle à l’oreille.
— Tu m’as épuisée. Même dans ce domaine tu es la meilleure, on dirait.

Sophie me lance un coup d’œil malicieux.

— Oh, c’est sans doute pour cela que tu m’aimes alors ?

Je rougis violemment, en me rappelant les folles paroles qui m’ont échappé pendant l’orgasme. Oui, je lui ai dit que je l’aimais, j’espère que cet aveu un peu rapide ne l’a pas choquée.

— Je suis désolée, je ne voulais te mettre mal à l’aise, mais tes caresses m’ont vraiment rendue folle.
— Tu es dingue, c’est maintenant que tu me rends folle. Tes mots d’amour sont le plus beau cadeau que tu puisses me faire. D’ailleurs… moi aussi je t’aime, finit-elle en chuchotant contre mes lèvres.

Sa bouche reprend doucement la mienne, et cette fois c’est une caresse pleine de tendresse que nous échangeons, alors que nos mains reprennent un lent ballet d’arabesques divines. Nous savons maintenant que nous avons toute la vie devant nous pour nous aimer et partager

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